On nous demande souvent pourquoi nous n'avons jamais déménagé du 15ᵉ. La réponse tient en une phrase : on n'a jamais cessé d'y apprendre. Vingt ans à arpenter Pasteur, Falguière, Convention, Cambronne - et l'arrondissement nous surprend encore.
Une géographie discrète
Le 15ᵉ n'a ni l'or des Invalides, ni le mythe de Saint-Germain. C'est précisément ce qui en fait sa force : un arrondissement où l'on vit, où l'on élève ses enfants, où l'on revient. Les immeubles haussmanniens du boulevard Garibaldi côtoient les ateliers d'artistes de Vaugirard, les copropriétés années 30 du métro Convention et les rares résidences confidentielles autour du parc Georges-Brassens.
Ce n'est pas un arrondissement, c'est une mosaïque. Et chaque pièce de la mosaïque a son prix, son tempo, son acheteur naturel.
Ce qui a vraiment changé en vingt ans
Quand j'ai commencé à travailler dans le 15ᵉ, il se vendait au mètre carré comme un arrondissement périphérique. Aujourd'hui, certaines rues - Lecourbe, Cambronne, Vaugirard côté pair - ont durablement rattrapé le reste de la Rive Gauche. Cette montée n'a rien d'un effet de mode : elle traduit l'arrivée d'une clientèle familiale qui cherche du volume, de la lumière et des écoles, sans quitter Paris.
Le second changement, plus silencieux, vient des rénovations. Les copropriétés ont assaini leurs façades, refait les parties communes, isolé les toitures. Un immeuble bien tenu vaut aujourd'hui sensiblement plus qu'un immeuble équivalent négligé - c'est notre métier de savoir lire ces signaux avant qu'ils n'apparaissent dans les annonces.
Notre conviction
Le 15ᵉ ne se vend pas comme un produit. Il se transmet. Quand nous prenons un mandat ici, nous savons que le futur acquéreur viendra probablement d'un autre coin du 15ᵉ - un jeune couple qui pousse les murs, une famille qui change d'étage. C'est cette circulation intime qui fait la valeur réelle des biens, bien au-delà des bases notariales.
« On n'achète pas un appartement dans le 15ᵉ. On y entre dans une chaîne de propriétaires qui se passent les clés depuis trois générations. »


