Une famille londonienne nous appelle un lundi matin. Ils veulent une villa entre Saint-Tropez et Ramatuelle, vue mer, six chambres, livrable pour août. Budget enveloppe : douze millions. Trois semaines plus tard, ils signent - sur un bien qui n'a jamais été listé.
Semaine 1 - Le brief
Le discovery call dure deux heures. Nous ne parlons pas surface, nous parlons usages : combien d'invités cet été, quel rapport à la mer, voiture ou bateau pour rejoindre Pampelonne, télétravail occasionnel ou résidence pure d'agrément. À la fin de l'appel, nous savons que nous cherchons une villa au-dessus de la baie des Canebiers, exposition couchant, accès direct au sentier littoral.
Nous activons quatre interlocuteurs locaux dès le mardi : un notaire de Saint-Tropez, deux gardiens de propriété, un architecte d'intérieur qui suit cinq villas dans le secteur. Aucune annonce publique, aucun portail.
Semaine 2 - Le terrain
Nous descendons trois jours sur place. Onze villas vues, dont sept jamais référencées. Deux finalistes. Une villa des années 70 entièrement réhabilitée par un architecte milanais - propriétaire qui ne veut pas vendre mais accepte de discuter ; et une villa contemporaine livrée en 2022, dont les propriétaires ne souhaitent pas exposer la transaction sur le marché.
Semaine 3 - La signature
Le client choisit la contemporaine. Négociation menée en quarante-huit heures via le notaire, compromis signé à distance avec sécurisation des fonds en euros, possibilité de paiement partiel en crypto refusée par le vendeur. Acte authentique trois semaines plus tard.
Coût total pour le client : honoraires de chasse, frais de notaire, frais de structuration patrimoniale. Aucune surprise. Aucune contre-visite. Et une famille qui passera son premier été dans la villa six mois après le premier appel.
« Les plus belles villas de la Côte ne sont jamais sur les portails. Elles changent de mains entre voisins, entre familles, entre notaires. »


