Tout ce qui a des moulures n'est pas haussmannien. Et tout ce qui est haussmannien n'a pas forcément gardé ses moulures. Voici les six signaux que nous lisons systématiquement lors de nos premières visites - avant même de parler prix.
1. La hauteur sous plafond
Un haussmannien authentique offre entre 3,10 m et 3,40 m au deuxième étage - l'étage noble. Au-dessus de 3,50 m, on bascule sur du pré-haussmannien ou du Second Empire ; en dessous de 2,90 m, on est probablement dans un faubourien transformé.
2. Le parquet
Point de Hongrie ou Versailles d'origine : très rares, ils signent un bien d'exception. Plus courant et tout aussi qualitatif, le parquet à bâtons rompus en chêne massif, posé sur lambourdes. Méfiez-vous d'un parquet flottant récent : il masque souvent une dalle béton ou un plancher fragilisé.
3. Les moulures et corniches
Une vraie corniche haussmannienne se compose de plusieurs strates : larmier, denticules, rais-de-cœur. Une moulure récente est lisse, monobloc, souvent en polystyrène peint. Passez la main dessus - la différence se sent immédiatement.
4. La cheminée
Marbre Sainte-Anne, marbre rouge griotte, marbre noir de Belgique : ce sont les trois marbres canoniques du haussmannien parisien. Une cheminée en bois peint blanc est presque toujours un ajout XXe.
5. Les fenêtres
Fenêtres à grands carreaux, espagnolettes en laiton, volets intérieurs repliables en bois : c'est l'ADN haussmannien. Si tout a été remplacé par du PVC, ce n'est pas rédhibitoire, mais cela pèse sur la valeur patrimoniale du bien.
6. La distribution
Enfilade de pièces de réception sur rue, chambres sur cour, cuisine en bout de couloir, escalier de service : la grammaire est immuable. Quand on la retrouve intacte, c'est un signe de respect du bâtiment - et souvent, d'une copropriété sérieuse.


